RSE et management de transition : ce que les ETI n'ont pas encore compris

RSE et management de transition restent deux sujets que les dirigeants d'ETI traitent trop souvent en parallèle. D'un côté, la RSE : un chantier perçu comme long, coûteux, réservé aux grandes entreprises dotées d'une direction dédiée. De l'autre, le management de transition : une réponse à une situation d'urgence, un remplacement, une transformation ponctuelle. Ce que nous observons depuis plusieurs années, c'est que cette séparation est une erreur. Le manager de transition est, par nature, le mieux placé pour poser un regard lucide sur la maturité RSE d'une organisation.

C'est à partir de ce constat que nous avons construit Le Regard RSE : un rapport d'étonnement RSE remis par notre manager de transition en fin de mission, en complément de son livrable principal. Vous pouvez en découvrir le cadre général sur notre page dédiée à la RSE et transformation durable.

Pourquoi la RSE des ETI reste invisible, et non absente

Soyons directs : la plupart des ETI françaises ne sont pas en retard sur la RSE. Elles sont incapables de démontrer ce qu'elles font déjà. Dans les entreprises que nous accompagnons, entre 50 et 500 millions d'euros de chiffre d'affaires, nous découvrons presque toujours la même réalité :

  • Des pratiques sociales solides, mais non formalisées.
  • Des engagements environnementaux réels, mais non documentés.
  • Une gouvernance propre, mais non structurée.

Le problème n'est pas le fond. Il est dans la capacité à rendre visible ce qui existe déjà.

L'ETI n'a pas, le plus souvent, de directeur RSE. La fonction est déléguée au DRH, au DAF ou au dirigeant lui-même. Les reportings extra-financiers sont produits dans le cadre des obligations, sans cohérence d'ensemble. Et quand arrivent les exigences des clients grands comptes, les demandes des investisseurs ou les nouvelles obligations réglementaires européennes sur le reporting de durabilité, on découvre qu'on ne dispose ni des indicateurs, ni du vocabulaire, ni de la structure pour répondre.

Ce qui est invisible ne se pilote pas. C'est là que le manager de transition peut changer la donne.

L'œil neuf : ce que le manager de transition voit que personne d'autre ne voit

Quand un manager de transition arrive dans une entreprise, qu'il soit directeur général, DAF, DRH ou directeur industriel, il passe ses premières semaines à faire ce qu'aucun collaborateur interne ne peut plus faire : observer sans filtre. Il voit les réunions où certains prennent la parole et d'autres non. Il voit les indicateurs publiés en interne mais jamais discutés. Il voit les écarts entre les procédures écrites et les pratiques réelles. Il voit les fournisseurs reconduits sans questionnement, les décisions prises dans les couloirs plutôt qu'en comité de direction, les habitudes managériales auxquelles tout le monde s'est adapté sans jamais les nommer.

Cette observation n'est pas RSE en elle-même. Mais si on la structure correctement, elle devient un diagnostic d'une finesse qu'aucun cabinet extérieur ne peut produire. Un cabinet arrive trois jours, conduit une vingtaine d'entretiens, repart avec un rapport. Un manager de transition est à l'intérieur de l'organisation pendant plusieurs mois. Il voit les vraies pratiques, pas les pratiques affichées. Et parce qu'il n'a pas de carrière à défendre dans l'entreprise, il peut nommer ce qu'il voit.

Dans plus de deux cents missions que j'ai conduites ou suivies, cet angle mort est l'un des plus constants : la RSE réelle, opérationnelle, vécue par les équipes, reste invisible aux yeux de ceux qui pourraient la valoriser.

Ce que contient Le Regard RSE

Le Regard RSE est structuré autour de trois dimensions cohérentes avec les cadres de reporting extra-financier les plus robustes : environnement, social, gouvernance. Il couvre cinq fonctions observées en miroir : direction générale, direction administrative et financière, direction des ressources humaines, direction des systèmes d'information, direction industrielle. Il repose sur 140 critères concrets, simples, opérationnels. Pas des indicateurs à construire, mais des questions à se poser : tel sujet est-il abordé en comité de direction ? Telle pratique est-elle documentée ? Tel risque est-il identifié ?

À la fin de la mission, le manager de transition livre à son donneur d'ordre :

  • Une cartographie de maturité RSE, fonction par fonction.
  • Les trois à cinq écarts les plus critiques, avec recommandations.
  • Les forces existantes que l'entreprise peut valoriser immédiatement.
  • Une comparaison qualitative avec ce que nous observons dans des ETI de taille comparable.

Ce document est remis en fin de mission, sans surcoût pour le client. Nous considérons que c'est la valeur ajoutée minimale qu'un manager de transition doit laisser derrière lui.

Trois familles de constats qui reviennent dans presque toutes les ETI

En croisant les retours de nos missions récentes, trois types de situations émergent de façon systématique.

Des pratiques sociales solides mais invisibles. Beaucoup d'ETI ont une culture managériale saine, de la stabilité, un lien réel entre dirigeants et équipes. Mais ces réalités ne sont pas tracées. Il n'existe pas d'indicateurs d'engagement formalisés, pas de politique de gestion des carrières écrite, pas de cartographie des compétences. Le fond est souvent excellent. La traçabilité est absente. Le Regard RSE documente ce qui existe et donne à l'ETI les éléments pour valoriser sa pratique sociale auprès de ses parties prenantes.

Des risques de gouvernance non identifiés. Dans beaucoup d'ETI familiales ou à actionnariat concentré, la gouvernance fonctionne sur la confiance. Tant qu'il n'y a pas d'événement majeur, acquisition, ouverture de capital, succession, cela suffit. Mais les risques structurels ne sont pas identifiés : concentration de pouvoir, absence de contre-pouvoir formel, manque de traçabilité des décisions stratégiques, conflits d'intérêts non déclarés. Ces angles morts deviennent critiques au moment où la gouvernance change. Le Regard RSE les identifie avant la crise, pas pendant.

Des engagements environnementaux non pilotés. L'entreprise a investi dans des équipements plus sobres, lancé une démarche de réduction des consommations, organisé le tri de ses déchets. Mais rien n'est consolidé, aucun objectif n'est suivi, aucun plan pluriannuel n'est documenté. Les clients grands comptes commencent à demander des bilans carbone, des plans de décarbonation, des engagements fournisseurs. L'ETI ne dispose pas des éléments pour répondre. Le Regard RSE remonte ces éléments existants et permet de structurer une démarche cohérente, même modeste, mais documentée.

Ce que cet outil n'est pas, et pourquoi c'est un avantage

Je veux être clair : Le Regard RSE n'est pas un audit certifiant. Nous ne remplaçons pas un organisme accrédité. Nous ne produisons pas une note ESG au sens des agences de notation. Nous ne délivrons pas de label.

Ce que nous apportons, c'est autre chose : une vision terrain, faite par un opérationnel qui connaît la fonction depuis l'intérieur, qui a vécu l'entreprise pendant plusieurs mois, et qui livre un diagnostic lucide, factuel, priorisé. C'est un point de départ pour les dirigeants qui veulent savoir où ils en sont réellement avant d'engager une démarche plus lourde, disposer d'un diagnostic indépendant pour préparer un audit externe, ou identifier les chantiers prioritaires sans attendre que la pression réglementaire les y oblige.

Depuis plusieurs années, j'entends des dirigeants d'ETI me dire qu'ils se sentent démunis face à la vague RSE, non par opposition à la démarche, mais par manque de temps, de méthode et de repères. Le Regard RSE leur offre un premier miroir honnête. C'est précisément ce que détaille notre approche de la RSE comme levier de transformation durable.

Engageons la conversation

Si vous dirigez une ETI et que vous vous interrogez sur votre maturité RSE, si vous êtes à la veille d'une mission de management de transition ou en plein milieu d'une, je suis disponible pour en parler. Une conversation de trente minutes suffit souvent à clarifier beaucoup de choses.