Cette fiche ne remplace ni l’avis du médecin du travail, ni celui de votre juriste. Règles à jour au 1er octobre 2026.
Jours 1 à 3 : recevoir l’annonce
- Écouter, sans questionner. Ne demandez ni le diagnostic, ni le traitement, ni le pronostic. L’information médicale appartient à la personne, et l’arrêt de travail que vous recevrez n’indique pas la maladie.
- Lui laisser la main sur l’information. Demandez-lui ce qu’elle souhaite que l’on dise, à qui et quand. Rien ne sort sans son accord.
- Dire tout de suite que sa place est gardée. C’est souvent la question qu’elle n’ose pas poser.
- Réduire le cercle. Deux ou trois personnes informées suffisent, en général le dirigeant et le DRH. Écrivez le moins possible sur le sujet.
Première semaine : protéger la personne
- Respecter son choix de continuer à travailler, de s’arrêter ou d’alterner, dans le cadre fixé par son médecin.
- Vérifier son statut. Salarié, mandataire social ou les deux : les protections et les garanties ne sont pas les mêmes. Relisez les statuts et le contrat.
- Vérifier les garanties de prévoyance et de maintien de rémunération, puis les lui expliquer simplement, par écrit si elle le souhaite.
- Connaître les rendez-vous prévus par la loi. Pour un arrêt de plus de trente jours, un rendez-vous de liaison avec le service de prévention et de santé au travail peut être organisé ; il est facultatif pour la personne. Après un arrêt d’au moins soixante jours pour une maladie non professionnelle, la visite de reprise est obligatoire.
Deuxième semaine : organiser la continuité
- Faire l’inventaire des décisions en cours, des délégations de signature, des pouvoirs bancaires, des dossiers sensibles et des échéances (clôture, comités, audits).
- Formaliser des délégations temporaires, écrites, datées et limitées dans le temps.
- Choisir le relais. Un intérim interne connaît la maison mais cumule deux postes, avec un risque d’épuisement. Un manager de transition externe peut être en poste en quelques jours, sans enjeu de carrière sur la fonction. Dans les deux cas, fixez une durée et un point d’étape.
- Informer les équipes par un message court, validé par la personne : absence pour raisons personnelles, nom du relais, retour attendu. Le mot « maladie » ne figure dans aucun message sans son accord.
Troisième et quatrième semaines : tenir dans la durée
- Garder le lien au rythme qu’elle choisit, y compris aucun contact si elle le préfère. Ne l’associez pas aux décisions contre son gré, ne l’en écartez pas si elle souhaite y rester associée.
- Neutraliser la période dans l’évaluation, la rémunération variable et les promotions. Aucune décision ne peut être fondée sur l’état de santé.
- Préparer le retour dès maintenant : temps partiel thérapeutique prescrit par le médecin, aménagements proposés par le médecin du travail, reprise par paliers, passation avec le relais.
Cinq erreurs à éviter
- Demander le diagnostic ou le pronostic.
- Annoncer la maladie sans son accord.
- Réorganiser définitivement pendant l’absence.
- Recruter un successeur « au cas où ».
- Faire reposer l’intérim sur un seul collaborateur, sans limite de durée.
Pour être accompagné
- Cancer info, service de l’Institut national du cancer : 0 805 123 124, appel gratuit.
- Ligue contre le cancer : 0 800 940 939, écoute, soutien psychologique et aide juridique, appel gratuit.
- Votre service de prévention et de santé au travail, pour le rendez-vous de liaison, la visite de pré-reprise et les aménagements de poste.
Cette fiche accompagne notre manifeste Octobre Rose, l’engagement du « poste gardé ». Vous pouvez la reprendre et la diffuser librement.